« Je vous seraypour Dieu »
Calvin et l’alliance : ligne brisée ou asymptote ?
En 1539, Calvin ajoute à l’Institution un chapitre sur la ressemblance et la différence des deux Testaments. Il y pose un principe d’identité entre l’alliance conclue avec les Pères et la nôtre. Le parcours en examine la formulation, l’arrière-plan, la postérité réformée et les limites, avant d’en interroger la reprise théologique aujourd’hui.

- Période
- 1525 – 1648
- Format
- Dix panneaux A3
- Pour qui
- Sans connaissance préalable
- Citations
- Le français de 1541 (éd. Millet)
Une alliance, deux Testaments.
Pourquoi une Bible en deux parties, si Dieu ne change pas ? L’exposition lit de près un chapitre de Calvin, le replace dans la théologie réformée, puis le relit aujourd’hui.
L’énigme
Calvin dit l’alliance « une mesme » pour Abraham et pour nous, et maintient l’élection du peuple juif. Pourquoi, dans le même chapitre, reprend-il contre les Juifs de son temps le motif du voile ?
La démarche
Lire le chapitre VII de l’Institution de 1541 dans l’édition critique d’Olivier Millet, le situer de Zurich à Cocceius, et distinguer ce que dit Calvin, ce qu’en disent les historiens, et ce qu’on peut en proposer aujourd’hui.
La réalisation
Dix panneaux A3, des citations dans le français de 1541, toutes référencées. Des encadrés verts pour les questions d’aujourd’hui, des encadrés à filet pour les propositions de l’auteur.
Dix panneaux, une enquête.
Avancez panneau par panneau. À chaque étape, une piste s’inscrit dans votre carnet. Cliquez sur l’image pour ouvrir le panneau en grand (PDF, format A3).
Cinq mots pour une alliance.
Cinq manières, chacune située dans son histoire, de dire l’alliance. Cliquez sur chacun.
Comment l’alliance est devenue un principe.
Des élaborations successives, parfois concurrentes, de Zurich à Leyde. Cliquez sur une date.
Une idée en germe
Il distingue la théologie de l’alliance de la théologie fédérale proprement dite, qui suppose une alliance d’avant la chute et un système structurant tout le salut. Il soutient que l’idée est en germe chez Calvin.
Deux corrections
Visser conteste que l’alliance des œuvres procède d’Ursinus. Hildebrand défend la continuité de la pensée réformée de l’alliance, de Zurich à Calvin et jusqu’à Heidelberg.
Et vous, qu’en dites-vous ?
Une question tirée de l’exposition. Choisissez une réponse pour voir ce que les textes en disent. Rien n’est enregistré.
Une promesse de Dieu peut-elle être retirée ?
- Que signifie affirmer que Dieu demeure fidèle à ses promesses ?
- Comment une théologie chrétienne peut-elle reconnaître pleinement l’existence et la foi du judaïsme, sans les définir seulement depuis ses propres catégories ?
- Que deviennent alors l’accomplissement en Christ et la mission ?
Accueillir l’exposition chez vous.
Les dix panneaux peuvent être prêtés à d’autres paroisses, et présentés lors d’une rencontre. La même démarche guide les enquêtes de l’atelier : partir des sources, vérifier, puis raconter.
Pour aller plus loin
- Calvin, Institution de la religion chrestienne (1541), édition critique par Olivier Millet, Genève, Droz, 2008.
- Calvin, Institution de la religion chrestienne, texte français de 1560, rééd. Paris, Ch. Meyrueis, 1859.
- Calvin, Commentaire sur l’épître aux Romains (1540), sur Romains 11,28-29.
- Francis Higman, « Calvin et le peuple élu », in M.-Th. Jones-Davies (éd.), L’Histoire au temps de la Renaissance, Paris, Klincksieck, 1995, p. 173-189.
- François Wendel, Calvin. Sources et évolution de sa pensée religieuse, Genève, Labor et Fides, 2e éd., 1985.
- Peter A. Lillback, The Binding of God. Calvin’s Role in the Development of Covenant Theology, Grand Rapids, Baker Academic, 2001.
- Pierrick Hildebrand, The Zurich Origins of Reformed Covenant Theology, Oxford, Oxford University Press, 2024.
- Derk Visser, « The Covenant in Zacharias Ursinus », The Sixteenth Century Journal 18/4, 1987, p. 531-544.
- Alasdair Heron, « Calvinisme », in Jean-Yves Lacoste (dir.), Dictionnaire critique de théologie, Paris, PUF (Quadrige), 4e éd., 2019.
- Christophe Chalamet, « Retrouver le sens de l’Alliance en théologie chrétienne », in Th. M. Andrevon et al. (dir.), Manuel de théologie d’Israël. L’alliance jamais révoquée, Genève, Labor et Fides, 2025, p. 159-176.
- Communion ecclésiale de Leuenberg, Église et Israël, 2001.
Exposition conçue par Pierre Bergounioux. Les citations de 1541 sont données d’après l’édition critique d’Olivier Millet, graphie conservée, et toujours référencées.